L'Etat du Valais vise à mieux gérer les risques climatiques
Prévenir, anticiper, rétablir : le canton du Valais a présenté ce jeudi sa stratégie de gestion des risques climatiques. Huit domaines d'actions sont prévus. Car le canton est au premières loges en ce qui concerne les effets du changement climatique.

"Notre canton a toujours vécu avec les aléas climatiques. Ce qui est nouveau, ce sont les cas extrêmes de plus en plus fréquents", a rappelé, jeudi en conférence de presse, la conseillère d'Etat valaisanne en charge du département des finances et de l'énergie, Franziska Biner. "Jusqu'ici, notre canton est le dernier à n'avoir, ni de stratégie cantonale (ndlr: au niveau de la gestion des risques climatiques), ni de loi climat."
Pas question, en revanche, de parler de retard, selon elle.
Concrètement, cette stratégie a pour objectif de prévenir les nouveaux risques en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, dans le but de se rapprocher des objectifs visés par la Confédération.
Protéger les biens et les personnes
La stratégie valaisanne veut également permettre d'anticiper les risques existants en prenant des mesures pour protéger les personnes, les biens et l’environnement et s’adapter aux changements climatiques. Dernier axe en cas d'événement majeur, l'Etat du Valais veut faire face aux risques résiduels en protégeant la population et les biens, et en rétablissant les services et infrastructures dans les meilleurs délais.
La stratégie se déploiera dans huit domaines : aménagement du territoire et mobilité, dangers naturels, gestion de l’eau, santé, écosystèmes et économie. Sans oublier l'agriculture et l'alimentation et les bâtiments.
Davantage de mobilité douce
L'Etat du Valais vise, notamment, un développement de l’offre en transports publics et des infrastructures de mobilité douce ; un renforcement de la surveillance face aux dangers naturels ; des échanges réguliers de données entre les communes et le canton pour la gestion de l’eau ; la hausse des aménagements de biodiversité et ceux pour augmenter la fraîcheur. Une liste à laquelle s'ajoute l’accompagnement des entreprises vers la durabilité et la décarbonation ; l’adaptation de la production agricole , la promotion du réemploi et l’usage de matériaux locaux dans la construction.
Afin de réaliser ces objectifs qui n'ont pas été chiffrés par l'Etat du Valais, plusieurs mesures ont été identifiées. Elles prévoient par exemple le financement de bornes de charge pour des bus électriques, la consolidation du réseau d’observateurs des dangers naturels, une meilleure répartition de l’eau entre les utilisateurs, un soutien financier des communes pour la végétalisation et la désimperméabilisation des sols. On peut encore citer la mise en place d’un programme d’impulsion à la décarbonation pour les PME industrielles,
La situation s'améliore gentiment
Pour l'Etat du Valais, le canton possède plusieurs atouts pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre. Il peut compter sur un ensoleillement à fort potentiel énergétique, ses barrages hydrauliques et un riche écosystème de formation, de recherche et d’innovation.
Le bilan carbone valaisan montre que les émissions totales (directes et indirectes) de gaz à effet de serre s’élevaient, en 2023, à 14,6 tonnes de CO2 par habitant (y compris la part des industries), soit plus que la moyenne nationale qui se monte à 13 tonnes. L'objectif est d'arriver à un bilan carbone neutre en 2050. Par rapport aux données recueillies en 2019, les émissions totales ont diminué de 10% et les émissions directes (produites en Valais) de 15%.
Craintes de chaleurs extrêmes
Une cartographie climatique du Valais a été réalisée pour la première fois. Elle montre les zones particulièrement concernées par les îlots de chaleur et le stress thermique. Selon les scénarios, si aucune mesure de protection du climat n’est prise, la température ressentie dans certains centres urbains de plaine, à 14h00, lors d’une journée sans vent ni nuage pourrait atteindre des pics de 43 à 45 degrés d'ici dix ans et de plus de 45 degrés, en 2060.
Côté financement, le Canton prévoit d’affecter, en 2027, une enveloppe correspondant à 0,5% du budget global de l’Etat (soit env. 22,5 millions de francs) à des mesures d’anticipation et de prévention. Cette enveloppe s’ajoutera au budget que le canton consacre déjà annuellement, soit environ 250 millions de francs.
Une manne suffisante quand on sait que les glaciers reculent, que les chaleurs s'accentuent chaque année et que les catastrophes naturelles pourraient se multiplier à l'avenir ?
