Didier Tholot après Sion-Winterthour : "Ce soir, c'est compliqué de parler football"
Le FC Sion a conclut de la plus belle des manières une soirée qui avait démarré par un vibrant hommage rendu aux victimes de Crans-Montana. Victorieux de Winterthour à Tourbillon, la joie des joueurs de Didier Tholot était mesurée au vue des circonstances.

Il y a des soirées où le football est un incroyable vecteur de rassemblement. Ce mercredi 14 janvier restera assurément comme une date marquante pour le FC Sion, mais aussi pour le football suisse. Avant ce duel face au FC Winterthour, joueurs et supporters se sont rassemblés, au-delà de la rivalité, pour partager leur peine après le drame de Crans-Montana lors du Nouvel An. Un moment suspendu, rempli d'émotion, qui a forcément été le moment le plus marquant de cette soirée. Car même si la satisfaction était grande après la victoire des Valaisans face aux Zurichois, les locaux se montraient très mesurés à l'issue de la rencontre. "Ce soir, c'est très compliqué de parler football", soupire Didier Tholot. "Lorsqu'il y a des drames comme celui-ci, on se sent forcément impuissant. On peut simplement prier pour toutes ces familles endeuillées, mais rien ne pourra remplacer leur peine, leur chagrin et leur douleur."
Après la cérémonie d'hommage, les acteurs ont rapidement dû se remettre de toutes ces émotions. Une transition délicate à gérer. "Cette tragédie m'a beaucoup affecté", avoue le Haut-Valaisan Jan Kronig. "Habituellement, je ressens toujours une certaine pression avant les matches. Mais ce soir (ndlr: mercredi), je n'avais aucune sensation, j'étais simplement vide. Cet hommage était très important pour le groupe, nous voulions avoir une pensée pour toutes les victimes. Cette unité dans notre canton, dans la Suisse toute entière, est vraiment belle à voir", poursuit-il.

Sion a su attendre son heure
Après l'instant d'émotion, le football a tant bien que mal repris ses droits à Tourbillon. Face à la lanterne rouge du championnat, les Valaisans se sont d'abord longtemps cassés les dents. Et lorsque la défense a enfin cédé, ce sont les montants du but de Kapino qui ont dit non, à trois reprises même. Une maladresse qui aurait pu frustrer les locaux. "Dans le vestiaire à la mi-temps, nous avons reparlé du match de l'année dernière contre Grasshopper, que nous avions perdu malgré notre supériorité numérique. Mais cette fois-ci, nous avons su rester sereins et ne pas céder à la panique", commente Ali Kabacalman. À l'expérience, le FC Sion a donc attendu son moment...ou plutôt celui de Winsley Boteli. Le Genevois de 19 ans, entré en jeu quelques minutes auparavant, a ouvert le score (70e) après une remarquable action solitaire, en slalomant entre les défenseurs zurichois. Un but qui a été suivi par celui d'Ilyas Chouaref (77e), également en solitaire, qui a permis au FC Sion de s'assurer les trois points.
Avec cette première victoire en 2026, le FC Sion lance donc idéalement son année. Cinquième de Super League après 19 journées, il peut regarder de l'avant puisqu'il compte désormais six points d'avance sur le septième, Lausanne.
La 100e d'Ali Kabacalman avec le maillot sédunois
Cette partie avait une saveur particulière pour le capitaine du FC Sion. Face à Winterthour, Ali Kabacalman disputait sa centième sous les couleurs valaisannes. "Je viens de l'apprendre", souriait le principal intéressé après le coup de sifflet final, visiblement étonné de l'apprendre. "C'est une fierté. Depuis mon arrivée il y a deux ans et demi, il y a eu beaucoup de chemin parcouru. C'est vraiment une fierté d'être là aujourd'hui." Une joie de courte durée pour le capitaine valaisan, puisqu'il sera obligé de s'installer en tribunes dimanche lors du déplacement de son équipe au Parc Saint-Jacques. Averti ce mercredi soir, il sera suspendu pour accumulation de cartons jaunes. Il manquera donc le duel face au FC Bâle (16h30).
